… & il est arrivé en Botanique ce qui est arrivé en Chymie, c’est qu’en cherchant la pierre philosophale que l’on n’a pas trouvée, on a trouvé une infinité de choses utiles ; & de même en voulant faire une méthode générale & parfaite en Botanique, on a plus étudié & mieux connu les plantes & leurs usages : seroit-il vrai qu’il faut un but imaginaire aux hommes pour les soûtenir dans leurs travaux, & que s’ils étoient bien persuadez qu’ils ne feront que ce qu’en effet ils peuvent faire, ils ne feroient rien du tout ?
Buffon, Premier Discours.

Zesfde Tuinfeest van de Holbach Vereniging te Kapellenbos – 25 augustus 2007

Vanaf 17 u. aan de zetel van de Holbach Vereniging, Kapellenbos.
Toneelvoorstelling omstreeks 19:00 :
  • Extrait de l’Asne, Histoire Naturelle, Tome IV, Buffon (1753).
  • Extrait du Premier Discours de l’Histoire Naturelle de Buffon : De la manière d’étudier & de traiter l’Histoire Naturelle (1749).
    Les membres présents ont reçu un petit fascicule de 32 pages reprenant le texte intégral de ce Premier Discours.
  • Extrait de Un été chez Voltaire (2007) de Jacques-Pierre Amette (Goncourt 2003).

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Foto's door Mayré & Eric Elst, Robby De Smet & Marquis.


L'Asne (extrait), première lecture, par Alain.

L’âne eſt donc un âne, & n’eſt point un cheval dégénéré, un cheval à queue nue ; il n’eſt, ni étranger, ni intrus, ni bâtard ; il a, comme tous les autres animaux, ſa famille, ſon eſpèce et ſon rang ; ſon ſang eſt pur, & quoique ſa nobleſſe ſoit moins illuſtre, elle eſt toute auſſi bonne, toute auſſi ancienne que celle du cheval ; pourquoi donc tant de mépris pour cet animal, ſi bon, ſi patient, ſi ſobre, ſi utile ? Les hommes mépriſeroient-ils juſque dans les animaux, ceux qui les ſervent trop bien & à trop peu de frais ? On donne au cheval de l’éducation, on le ſoigne, on l’inſtruit, on l’exerce, tandis que l’âne, abandonné à la groſſièreté du dernier des valets, ou à la malice des enfans, bien loin d’acquerir, ne peut que perdre par ſon éducation ; & s’il n’avoit pas un grand fonds de bonnes qualités, il les perdroit en effet par la manière dont on le traite : il eſt le jouet, le plaſtron, le bardeau des ruſtres qui le conduiſent le bâton à la main, qui le frappent, le ſurchargent, l’excèdent, ſans précaution, ſans ménagement ; on ne fait pas attention que l’âne ſeroit par lui-même, & pour nous, le premier, le plus beau, le mieux fait, le plus diſtingué des animaux, ſi dans le monde il n’y avoit point de cheval ; il eſt le ſecond au lieu d’être le premier, & par cela ſeul il ſemble n’être plus rien : c’eſt la comparaiſon qui le dégrade ; on le regarde, on le juge, non pas en lui-même, mais relativement au cheval ; on oublie qu’il eſt âne, qu’il a toutes les qualités de ſa nature, tous les dons attachés à ſon eſpèce, & on ne penſe qu’à la figure & aux qualités du cheval, qui lui manquent, & qu’il ne doit pas avoir.

Il eſt de ſon naturel auſſi humble, auſſi patient, auſſi tranquille que le cheval eſt fier, ardent, impétueux ; il ſouffre avec conſtance, et peut-être avec courage, les châtimens & les coups ; il eſt ſobre, & ſur la quantité, & ſur la qualité de la nourriture ; il ſe contente des herbes les plus dures, les plus deſagréables, que le cheval & les autres animaux lui laiſſent et dédaignent ; il eſt fort délicat ſur l’eau, il ne veut boire que de la plus claire & aux ruiſſeaux qui lui ſont connus ; il boit auſſi ſobrement qu’il mange, & n’enfonce point du tout ſon nez dans l’eau par la peur que lui fait, dit-on, l’ombre de ſes oreilles …

Histoire Naturelle, Tome IV, p.391 & 392.